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Ani DiFranco - "Knuckle Down"

lundi 18 avril 2005

Elle n’a que 34 ans. Pourtant elle est déjà l’auteur de dix-huit albums et de plusieurs centaines de morceaux. Ani DiFranco est déjà assurée d’obtenir une place de choix dans l’histoire de la musique.

Il serait difficile de dire que ce petit dernier, Knuckle Down, était un album « tant attendu »… En effet, Educated Guess est sorti il y a à peine un an, et on ne s’en lassait pas. La vérité, c’est que l’on était tellement heureux de redécouvrir tous les albums précédents d’Ani DiFranco que, lorsqu’il nous a été confirmé que Knuckle Down venait effectivement d’entrer dans les bacs, cela fut un peu une surprise…

Et elle fut excellente.

Knuckle Down est, à première écoute, un peu plus ‘coincé’ que ses prédécesseurs. Je ne parle pas de la musique, mais de l’attitude en général. Ani a moins la « fuck off attitude » que d’habitude, celle qui permettait à certains d’affirmer qu’elle mélangeait punk rock et folk. Vraisemblablement, Ani DiFranco a un peu mis tout ça sur pause, le temps de se rafraîchir et d’expérimenter un peu avec sa guitare et sa musique.

Ainsi, si le titre d’ouverture, « Knuckle Down », est du pur Ani DiFranco période Little Plastic Castles (à mon avis l’un de ses albums les plus diversifiés… mais il est difficile d’affirmer une telle chose tant son répertoire est immense), « Modulation » nous rappellera plus le courant pop que celui du folk-rock. Certes, les arrangements funky sont présents, mais on sent qu’il y a un besoin d’évasion, de découverte. On peut en dire autant du morceau « Seeing Eye Dog » où Ani touche au blues, tout en conservant – évidemment – sa façon singulière de gratter la guitare… presque comme une percussion.

Elle impose un rythme endiablé tout au long des douze titres qui forment Knuckle Down, et il est difficile de ne pas déceler une grande assurance. De la plus petite note, au pincement de violon, aux harmonies vocales, tout est calculé, maîtrisé et tenu en laisse par ce rythme. Ralentir n’est pas une prérogative de Ani DiFranco. Comme une voiture lancée à grande vitesse et à laquelle il manquerait des freins, Ani ne respire pas comme les autres. Elle farfouille, elle teste, elle innove… En gros, elle évolue. On s’éloigne donc d’autant plus de l’éthos du do it yourself qu’elle avait poussé par fois à l’extrême. Le producteur, Joe Henry, a bien fait son travail et met en valeur exactement ce qu’il faut, même si parfois, cela nous donne une Ani un peu différente.

Je disais qu’il manquait un peu cette attitude rebelle sur Knuckle Down. Pourtant, le titre « Parameters » vient me contredire. Il y a bien un morceau sur l’album dans lequel Ani aborde ses sujets de prédilection – le machisme et la place des femmes. Mais là aussi, il faut noter que le morceau est moins ouvertement politique qu’il ne consiste à établir une réflexion introspective. « Parameters » est plus un poème qu’un morceau de musique. Une fois de plus, Ani parvient à jongler avec le rock et le spoken-word – des tentatives qu’elle réussissait déjà parfaitement lorsqu’elle s’expérimentait au slam.

Knuckle Down sonne… comment dire… presque organique. Ou tout du moins, il y a bien quelque chose de très naturel dans cet album. Dans « Minerva », Ani nous annonce qu’elle aura plus de choses à dire quand elle sera heureuse, tout en ayant, du même coup, moins de choses à chanter (‘I’ll have more to say when I’m happy / ‘Course then I’ll have less to sing’). Si c’est bien vrai, en tant que public, nous devrions égoïstement espérer qu’elle ne soit jamais trop heureuse… Pas assez, en tout cas, pour vouloir arrêter de chanter !

Polo

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